Jean de Laval était le petit fils de Françoise de Dinan, gouvernante d’Anne de Bretagne
Il fut fiancé par Anne de Bretagne à la séduisante Françoise de Foix, fille du vicomte de Lautrec. Les jeunes gens s'éprirent l'un de l'autre et n'attendirent pas d’être mariés pour se mettre en ménage et avoir une fille. Le mariage eut lieu quelques années plus tard et ils continuèrent à filer le parfait bonheur, jusqu'au jour où le roi François 1er les fit venir à sa cour. Il fut tout de suite ébloui par la beauté et l’intelligence de Françoise et elle devint sa maîtresse, pour le plus grand profit de la carrière de son complaisant époux. Elle le resta de 1517 à 1525, après quoi elle fut, à son grand dépit, supplantée par la toute jeune et fraîche Anne de Pisseleu. François 1er, fut assez goujat pour exiger qu’elle lui rendit les joyaux qu'il lui avait offerts. Elle les restitua, mais fondus en lingots. Elle rentra alors à Châteaubriant où son mari venait de commencer la construction d'un palais Renaissance sur l'enceinte extérieure démantelée en 1488.
On a souvent raconté, pour donner à son roman d’amour un dénouement moral, que Jean de Laval l'accueillit en justicier inflexible, l'enferma avec sa fille âgée de sept ans, dans une chambre murée et tendue de noir, l’enfant mourut, la mère prenait le même chemin; alors, Jean qui se plaisait à observer chaque jour, par une lucarne cachée, le désespoir de ses victimes, entra dans la chambre avec deux chirurgiens et six hommes masqués et lui fit ouvrir les veines des bras et des jambes. Elle serait morte, à bout de sang, cinq jours après, l'an 1516.
Mais ce n'est qu'une légende. Le seigneur de Châteaubriant retrouva son épouse avec plaisir. Il conserva l'amitié du roi qui le nomma gouverneur de Bretagne. François 1er n’oublia pas tout à fait sa première maîtresse, qui reparut à la cour plusieurs fois. En 1532, en se rendant à Vannes où les États devaient débattre de l'éventuel rattachement de la Bretagne à la France. François 1er s'arrêta à Châteaubriant, fut reçu par les deux époux, et passa six semaines au château avec sa cour, le temps d’arroser Jean de Laval d’assez d’or et de bienfaits pour être assuré de son vote.
Françoise de Foix ne mourut, en réalité, qu'en 1537 et son époux lui fit composer une épitaphe élogieuse par le poète Clément Marot. Il ne lui survécut que six ans et, comme leur fille unique était morte à quatorze ans, il légua sa baronnie de Châteaubriant à son ami le connétable de Montmorency