Les manoirs renaissance

Les manoirs renaissance
En terminologie d'inventaire, 3 catégories ont été retenues pour classer le patrimoine privé d'une certaine importance : le château-fort, le château et le manoir. Si les 2 premiers sont assez simples à appréhender, le manoir mérite une définition. Le manoir est une terre suffisante pour assurer la subsistance de son occupant sur laquelle le propriétaire, noble le plus souvent, construisait, lorsqu'il en avait les moyens, une maison noble, remarquable par son architecture.

A Nozay, il existe une dizaine de manoirs qui ont été construits ou embellis pour la plupart au début du XVIème siècle avec la vague de construction de la Renaissance sous François 1er. Le mouvement a été particulièrement marqué à Nozay par la présence de Jean de Laval, gouverneur de Bretagne, à la Ville-au-chef et par Pierre Pirault, son secrétaire, au château de La Touche, tous deux étant des personnages très puissants. Ces manoirs étaient destinés à accueillir leurs invités. On dit que la cour passa un mois à Nozay en 1532.
Ces manoirs se caractérisent par la présence d'une tour qui rappelle les châteaux-forts du Moyen Age et qui peut être située devant ou derrière le bâtiment. Cette tour, qui loge un escalier en pierre, peut être carrée, hexagonale ou ronde, la forme polygonale étant plus ancienne. La formule de l'escalier à vis hors œuvre perdure jusqu'aux années 1570. La partie supérieure de la tour peut servir de pigeonnier, qui avait pour rôle l'élevage de pigeons pour l'alimentation de la maisonnée; de plus, les déjections représentaient un précieux engrais. On sait que l'étendue des terres était proportionnelle au nombre de niches (8 pigeons par hectare)
La cheminée de la salle est avec l'escalier, un des éléments forts du manoir. Hotte droite sur linteau en schiste sur laquelle on peut imaginer des décors peints. Les encadrements de fenêtre et de porte sont souvent chanfreinés, les linteaux parfois sculptés et on y trouve des fenêtres à meneaux, plutôt dans la campagne, le propriétaire vivant de ses terres, et sont entourées de dépendances.
Depuis leur transformation en ferme qui peut remonter au XVIIème siècle, les manoirs étaient occupés comme on occupe une ferme, c'est à dire que seul le rez-de-chaussé était habité. Aujourd'hui, les greniers à grains doivent à nouveau céder la place à l'espace habitable.

Toutes les maisons qui s'édifièrent alors sont construites sur le même modèle qui demeure en usage, sauf quelques variantes, jusqu'au début du XVIIe siècle. Elles sont généralement simples et présentent un rez-de-chaussée surmonté d'un premier étage divisés l'un et l'autre en deux grandes pièces. On ne connaissait guère alors l'usage des appartements particuliers. Les habitants d'une même maison couchaient dans une même chambre garnie de trois, quatre et même cinq lits. Les membres de la famille occupaient une pièce, les domestiques une autre. Un escalier en forme de vis construit en pierre du pays, placé le plus souvent non pas à l'intérieur, mais à l'extérieur, dans une tourelle au toit aigu tantôt ronde, tantôt quadrangulaire, tantôt hexagonale, met en communication le rez-de-chaussée avec l'étage supérieur et le grenier. Une porte placée dans l'escalier donne accès dans le jardin, ou le verger entouré de palis ou de murs en pierres sèches.
Le rez-de-chaussée est composé de deux vastes pièces aux soliveaux élevés aux poutres énormes, aux cheminées monumentales, appelées dans les vieux titres, l'une la salle basse, l'autre la cuisine.

Le maître de la maison se tenait à la cuisine qui servait à la fois de salon et de salle à manger. La table y était perpétuellement dressée. Assis près de la cheminée où flambait un large feu, il pouvait surveiller facilement les domestiques de la maison et de la ferme attenante à sa demeure, car le bourgeois de ce temps vivait à la campagne bien plus qu'à la ville; assis donc près de son feu, il recevait les nouvelles, donnait ses ordres, au besoin, mettait la main au pot-au-feu, car nos ancêtres aimaient à savourer les mets succulents, cuits à point.
La cheminée était l'ornement principal de l'appartement. Le maître de la maison la voulait vaste, tous les membres de la famille pouvaient se ranger autour d'elle, sous son manteau, le fauteuil de l'aïeul pouvait être dressé sans inconvénient.
Les plus belles pierres du pays étaient employées à en former le linteau sur lequel le propriétaire aimait à faire sculpter en forme de blason, soit une image pieuse, soit ses armes. Souvent sa vanité ne se contentait pas de cette satisfaction, il voulait voir ses armes grimacer à travers les flammes sur la plaque de fer qui ornait l'âtre de son foyer. (Source Journal municipal)
A présent encore, ces vieilles pierres apportent l'émouvant souvenir de ceux qui édifièrent ces demeures. Elles sont l'expression d'un sens esthétique sûr, en harmonie parfaite avec la région. La pierre bleue est partout conférant à ces constructions, à la fois rudesse et noblesse.

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