La Pinsonnais

La Pinsonnais
Ces informations proviennent du site de la famille Hochedé de la Pinsonnais http://kline.multimania.com/genea/, réalisé par A. de la Pinsonnais. Avec son aimable autorisation.



Histoire

Quelle est l'origine ancienne des Hochedé ? Elle n'est pas connue avec certitude. L'acte le plus ancien connu à ce jour concernant directement un membre de cette famille date du 2 octobre 1691. C'est l'acte de mariage de Jacques Hochedé, seigneur de Bellair, et de Claude Davy, dame des Ormeaux. Ce mariage fut célébré à Nozay (Loire-Atlantique), dans la chapelle Saint-Jean, et c'est par lui que la famille Hochedé s'installa à Nozay, et hérita de la terre noble de la Pinsonnais, où elle réside encore de nos jours.

D'où venait-elle auparavant ? Sur l'acte de mariage, le prêtre ne dit rien sur l'origine de l'époux, mais parmi les témoins, il cite ses oncles, originaires de Rennes et des Côtes-d'Armor.

Une fois installés à Nozay, les Hochedé y figurent parmi les personnages les plus importants de la ville. Un rapide parcours des actes notariés montre qu'ils y possédaient beaucoup de biens, fermes, maisons dans le bourg, et terres. La seule terre de la Pinsonnais dépendait, de par son étendue, de quatre châtellenies différentes (celles de Nozay, la Touche, le Perret et Créviac). Les rôles de capitation (impôt payé à l'époque aussi bien par les nobles que les roturiers) font apparaître Jacques Hochedé comme l'un des plus riches personnage de la paroisse, n'étant devancé que par son beau-père et l'oncle de sa femme. La famille est donc prospère et ses alliances se font aussi bien parmi la noblesse locale (l'Escu, Poulpiquet du Halgouët, Rouaud de Treguel...) que parmi des familles plus éloignées géographiquement (Saint-Pern, la Houssaye...).

Mais la ville de Nozay était-elle trop petite pour les ambitions des Hochedé ? Toujours est-il qu'au milieu du XVIIIème siècle, les quatre héritiers mâles de la famille, quatre frères, iront vivre à Châteaubriant. Là, il s'imposeront assez vite dans la société, et, à l'époque des lumières, ils tiendront salon chez l'aîné, François. Celui-ci s'est bâti l'un des plus beaux hôtels particulier de la ville (l’hôtel de la Houssaye), dans la quartier aristocratique. Leur relations sont nombreuses, et leurs alliances toujours aussi importantes.

Fervents royalistes, ils ne s'immiscent pourtant pas dans la politique locale, et se contenteront de faire partie du conseil de Fabrique (sorte de conseil de paroisse). Lorsque François sera désigné maire de Châteaubriant, il refusera cette nomination. La Révolution sonnera le glas de la période castelbriantaise des Hochedé. En 1792, ils participent à un bal traditionnel entre les notables de la ville et des environs, qui tournera en émeute.

Les deux branches Hochedé existant à la Révolution (la branche de la Guémerais et celle de la Pinsonnais) quitteront donc le siège de la baronnie pour revenir dans leurs terres respectives. Les la Guémerais iront à Derval, où l'un deux sera maire, puis partiront à Nantes, où cette branche s'éteindra.

C'est à cette époque (début du XIXème siècle) que la Pinsonnais prendra son aspect actuel. Des bâtiments attenant au château seront rasés, alors que l'on reconstruira une nouvelle aile et d'importants communs. Plus tard viendra une chapelle (1886). Au début du XXème siècle (1901-1902), Edmond de la Pinsonnais fera construire un manoir en bord mer, à Quimiac (44).

A partir de la Révolution, il est curieux de noter que les alliances des Pinsonnais se font hors du département. Ils prendront tout d'abord des femmes issues de riches familles normandes (Jacqueline Duval de la Potterie et Antoinette Duchesne de Chédouët), puis parmi d'anciennes familles de la noblesse angevines (Louise Jarret de la Mairie et Louise de Villoutreys de Brignac).



Le château de la Pinsonnais

En décembre 1633, Louys de la Touche et son épouse, Jehanne d'Achon, rendent aveu à Henri de Bourbon pour leurs terres situées en la paroisse de Nozay. Ces terres comprennent la maison noble de la Pinsonnais, que Jehanne d'Achon avait reçu de son premier mariage, en 1603, avec Jan du Fresche. L'aveu comporte une description (très) sommaire de la maison noble de la Pinsonnais, qui consiste en salles basses, cuisine et selliers aux costés, chambres hautes et greniers au dessus, grange et escurie avec le logement du métayer au devant, et jardins au derriere. A cette époque, la Pinsonnais était donc une simple gentilhommière flanquée d'une ferme faisant office de communs.

Plus tard, la Pinsonnais échoira à la nièce de Jehanne d'Achon, Anne d'Achon, qui épousera Julien Urvoy du Coudray. Leur fille, Louise, épousera vers 1672 Louis Davy des Ormeaux, avocat au Parlement et sénéchal de Nozay. C'est Claude, leur fille aînée, qui recevra la Pinsonnais en 1691, à l'occasion de son mariage avec Jacques Hochedé de Bellair. Leur fils, Jacques II, sera le premier à porter le nom d'Hochedé de la Pinsonnais.

Après avoir longtemps été passée par les femmes, la Pinsonnais sera maintenant transmise de père en fils, ou de frère à frère. Quelques mois avant la Révolution, son propriétaire, François Hochedé de la Pinsonnais, meurt. Sans héritier mâle, il décide de laisser la Pinsonnais à son plus jeune frère, Vincent Guy. Ce même Vincent a épousé Jacqueline Duval de la Potterie, d'une famille normande. Il semble que ce soit la soeur de celle-ci qui, célibataire et habitant chez son beau-frère de la Pinsonnais, lui offrira de restaurer sa propriété, en ajoutant une aile au château, en faisant raser la ferme y attenant et qui servait de dépendances, et en bâtissant de nouveaux communs.

La Pinsonnais prendra donc au début du XIXème siècle son aspect actuel, et sera réputée pour avoir l'un des plus beaux parcs de la région. Une chapelle dédiée au Sacré-Coeur sera élevée en 1886.

Aujourd'hui, après avoir été occupée (et pillée ?) par les Allemands durant la Seconde Guerre Mondiale, et très peu entretenue durant plusieurs années, la Pinsonnais revit, et est toujours habitée par la famille Hochedé de la Pinsonnais.

Profitons de cette page pour démentir les malheureuses calomnies d'un instituteur nozéen, qui affirme que la famille Hochedé s'est emparée de la Pinsonnais après avoir sauvagement massacré ses habitants lors de la Révolution. Il est bien dommage (plus encore pour un instituteur) de ternir l'histoire d'un bien familial de cette manière. Néanmoins, les personnes sensées sauront aisément retrouver la part vérité entre l'histoire telle qu'elle s'est réellement déroulée et un crétinisme anti-nobiliaire assez incompréhensible de nos jours...
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